Lettre à René

Cher René,

Je t'écris comme je t'écrivais parfois.

Il a fallu déjà accepter le choc de la nouvelle de ta disparition, alors que je rentrais à peine du Festival Flamenco de Nîmes. Nîmes où tu aurais dû être toi aussi, Nîmes où nous avons partagé tant de bons moments, de bancs de photographes, de savoureux repas, de fiestas enflammées, et d'échanges entre nous et avec les artistes durant lesquels je te servais parfois d'interprète. Cette année tu n'étais pas présent à la conférence de presse du festival au mois de novembre. Je me suis dit que ça devait être à cause du Covid. Pas de René non plus à Nîmes. Et la terrible nouvelle, tombée comme un couperet à deux jours de la clôture du festival, d'autant plus difficile à accepter maintenant que j'en connais les circonstances tragiques.

Il est important de dénoncer cette indifférence fatale, mais difficile de voir tous ces articles et posts sur les réseaux sociaux qui parlent de toi et rendent l'événement omniprésent et d'autant plus insupportable pour qui te connaissait et avait partagé tous ces spectacles avec toi, à Flamenco en France et ailleurs, le vernissage de ton exposition à Drancy, ton anniversaire des 80 ans chez Evelyne avec ta chère compagne Sabine vers qui vont nos pensées, et toujours apprécié ta grande gentillesse et ton humour décapant.

Je replonge une nouvelle fois dans mes archives pour retrouver des traces imagées de tes expos à Bièvres, Nîmes et Drancy, mais je me souviens aussi surtout d'avoir conservé dans un dossier "à publier" un extrait vidéo d'un des spectacles en plein air de Rocio Molina à Aubervilliers, où l'on te voit de loin avec deux petits garçons de chaque côté, image que j'avais trouvée très attendrissante. Puissent ces deux petits te servir de chaperons tels deux anges pour t'accompagner dans ce nouveau voyage.

Adieu cher René, tu vas beaucoup nous manquer.

Hasta siempre.

Murielle




Flamenco Culture, le 26/01/2021


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