Manifestation annuelle qui se tient à Séville, Larachi Flamenca a pour objectif la mise en avant des artistes émergents de la scène flamenca en Espagne et à l’étranger. La Maison des Cultures du Monde accueillait les 27, 28 et 29 novembre, pour la quatrième année consécutive, un florilège de danseurs, chanteurs et musiciens émergents de la scène flamenca.
Cette année ce festival présenté à Paris s’ouvrait avec le spectacle de la danseuse Noelia Sabarea, accompagnée par Kiko Ramos et Antonio Carrasco, au chant, et par Antonio Peralta "El Kuko" à la guitare.
Noelia Sabarea, venue d’Algeciras, est une danseuse complète, très présente sur scène, une aisance sans doute acquise sur les nombreuses scènes des tablaos sévillans qu’elle a fréquentées. Noelia Sabarea a travaillé aussi sur les scènes de Madrid, Barcelone, à l’étranger notamment aux États-Unis et au Japon. Elle se consacre à l’enseignement de la danse, activité qu’elle a adaptée à des élèves aveugles et mal-voyants. Elle donne beaucoup d’énergie, de force et de joie dans les danses festives. Noelia ouvre son spectacle par une farruca, forte. La solea por bulería retient l’attention du public par son énergie, mais c'est sans doute dans les alegrias de Cadiz qu'elle parvient le mieux à exprimer sa générosité. Elle appelle la réaction du public. Elle domine bien tous ces styles. Sa technique est sûre et son zapateado puissant. Une danseuse attachante, qui se livre sans réserve sur scène.
Chacun des membres de son groupe a eu son moment pour exprimer son talent. Antonio Carrasco offre au public un « Taranto-Tientos », style dans lequel il parvient à toucher le public. On retiendra la très belle siguiriya du chanteur Kiko Ramos, impressionnant par sa puissance vocale et l’étendue du registre de ses tonalités. Beaucoup de profondeur et une capacité étonnante à transmettre une émotion au public. Antonio Peralta "El Kuko", très présent pour porter Noelia, nous livre ses compositions et falsetas, très jolis moments de guitare.