De l'art, de l'art, encore de l'art : non, La Choni n'a pas volé la petite statuette nommée Giraldillo, celui-ci est mérité. La danseuse justifie le Prix Révélation obtenu lors de la XVème Biennale de Séville avec son spectacle "Tejidos al tiempo".
Il y a deux mois déjà lors du spectacle El Indiano elle avait éclipsé tout le monde. Cette fois en tête d'affiche, la belle a encore déployé tout son talent : braceo d'une rondeur presque lunaire, postures flamencas, grâce jusqu'au bout des doigts et surtout capacité à transmettre. Trois bailes très réussis, en particulier la malagueña en bata de cola, au cours desquels La Choni danse avec force et élégance, dévoilant tout son savoir-faire acquis auprès de maitres comme Antonio Zarandilla, Manolo Marin ou Milagros Mengibar.
Le trio qu'elle forme avec la chanteuse Alicia Acuña et le guitariste Raul Cantizano est très complice, on devine que les artistes travaillent souvent ensemble, et depuis longtemps. L'imposante Alicia Acuña, vêtue d'une djellaba à pois dans la première partie, sera très présente tout au long du concert. Elle enchaîne les cantes en solo ou pour le baile : martinete, taranta, milonga, tanguillos, siguiriya... Nous avons apprécié son interprétation du tanguillo de Cadiz "La puerta de mi bujio" et son entrega sur la siguiriya au cours de laquelle La Choni fait preuve d'une grande maîtrise technique et artistique. En revanche sa série de coplas por buleria un peu trop longue a fini par lasser les spectateurs. Le discret Raul Cantizano joue un seul solo de guitare por guajira, avec un très bon picado. Il est très applaudi.
La Choni est une artiste à suivre. Notons justement que l'association Apsara Flamenco domiciliée à Rennes organise pour 2010 des sessions de formation professionnelle avec La Choni et Alicia Acuña (voir l'annonce des stages dans le forum pour plus d'informations, inscriptions jusqu'au 6 février).