Le samedi 28 novembre, c'était au tour de cinq artistes originaires de basse-andalousie d'occuper la scène de la Maison des Cultures du Monde. Parmi eux Moi de Moron, habitué du festival car c'est la troisième année consécutive qu'il y participe, mais aussi Javier Rivera, cantaor sévillan que l'on voit régulièrement accompagner José Galvan ou Rafael Campallo, justement la semaine précédente à Sceaux. Côté baile, deux jeunes danseurs plein d'avenir, la pétillante Maria Moreno, 22 ans, qui fait partie de la compagnie d'Eva la Yerbabuena et a participé récemment au spectacle Puente de Triana de Rafael Campallo présenté à Mont-de-Marsan et programmé au Festival de Jerez, et le ténébreux Antonio Molina "El Choro", qui danse aussi dans le spectacle de Campallo, vu également aux côtés de Javier Baron dans Dos voces para un baile. La formation était complétée par la guitare de Juan Campallo, déjà présent l'an dernier.
Le spectacle fut court mais efficace et très équilibré. Une danse en duo, des passages de cante et de guitare, et deux solos de baile.
Après une entrée en matière por tonas non prévue au programme durant laquelle Moi de Moron et Javier Rivera s'époumonent, les deux danseurs vêtus de noir font une entrée remarquée. C'est très énergique et bien éxécuté mais ça manque d'émotion, de profondeur, de vivencia peut-être, vu le jeune âge des protagonistes. Maria Moreno en perd les épingles de son chignon qui aura bien du mal à tenir ce soir-là. Moi de Moron chante, très bien, la granaina-malagueña "por buscar la flor que amaba", y intégrant de belles ornementations pas forcément évidentes pour sa tessiture vocale et poursuit par la malagueña del Mellizo, avant de conclure par des cantes abandolaos (identiques à ceux qu'il avait chantés pour accompagner le baile de Leonor Leal à Mont-de-Marsan). Du baile en bata de cola et manton. La gaditane Maria Moreno ne pouvait pas faire l'impasse sur son baile préféré, l'alegria. Puissante, technique, maniant le manton et la bata avec dextérité, elle donne toute son énergie dans sa danse et est très applaudie par le public. Un petit tour du côté de Murcia avec deux chants des mines interprétés par Javier Rivera, puis c'est l'arrivée d'El Choro por solea. Très élégant dans son costume anthracite et sa chemise bleu le danseur occupe tout l'espace de la scène et fait forte impression auprès du public féminin qui lui lance des sifflets admiratifs et des jaleos, notamment lorsqu'il quitte la veste. El Choro finit en bras de chemise sur la buleria détonante qui clôture son baile, très axé sur le zapateado (ses bras sont souvent croisés devant le buste). Vif succès pour El Choro qui est fortement ovationné. Maria Moreno rejoint les artistes sur scène pour la fin de fiesta qui ne s'éternise pas.
En résumé un spectacle rondement mené et très rythmé, avec la plus belle ambiance du week-end.